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Maladies de la thyroïde

 
Maladies de la thyroïde

Affections de la thyroïde

La pathologie thyroïdienne nous conduit à envisager quatre tableaux morbides :

  • Les insuffisances thyroïdiennes avec le myxœdème.

  • Les hyperthyroïdies avec la maladie de Basedow.

  • Les thyroïdites.

  • Les goitres.

Les insuffisances thyroïdiennes (Hypothyroïdies)

L'insuffisance thyroïdienne peut se manifester chez l'enfant et chez l'adulte.

Le myxœdème de l'enfant

 Pratiquement toujours d'origine congénitale, il doit être dépisté très précocement, faute de quoi on risque de voir s'installer une situation catastrophique. Dès les premiers jours, l'attention des parents peut être attirée par une respiration difficile et des troubles de la déglutition ; l'enfant saisit mal la tétine, laisse écouler son lait par les commissures labiales, s'étouffe.

 Ces troubles sont le fait d'une langue trop volumineuse. Mais, en général, c'est plus tard que l'enfant est conduit au médecin, car il mange insuffisamment sans cependant maigrir ; mais surtout il ne grandit pas assez vite, ne prenant pas les deux centimètres mensuels normaux. En outre, il est constipé, sa peau est sèche, pâle, sa chevelure trop abondante, sa pilosité corporelle excessive, surtout au niveau du dos. Cependant, le plus caractéristique est le retard du développement psychomoteur : l'enfant ne sourit pas, ne réagit pas, se contentant de pousser quelques cris rauques ; son regard est inexpressif, et plus tard on note qu'il ne sait tenir sa tête, ni rester assis.

 Sur le plan biologique, le retard d'ossification est très important. Si le traitement par l'extrait thyroïdien n'est pas appliqué immédiatement, le retard statural et intellectuel devient dramatique et arrive au tableau lamentable du nain dysharmonieux, aux membres courts, au visage bestial et à l'idiotie profonde.

Le myxœdème de l'adulte

 Il atteint surtout la femme vers la cinquantaine, après la ménopause. Il se caractérise par une infiltration de la face qui devient arrondie, avec des paupières boursouflées, des lèvres épaisses, un nez épaté. Cette même infiltration atteint différentes parties du corps ; et notamment les mains et les pieds qui sont larges avec des doigts boudinés. Les cheveux et les poils se raréfient. Les ongles sont cassants, la peau sèche ; les dents se carient. Les muqueuses sont, elles aussi, infiltrées et, en particulier, la langue très volumineuse (macroglossie) gêne la parole et la déglutition. L'activité physique est ralentie, les mouvements maladroits, la mémoire affaiblie et l'affectivité réduite. Le malade reste indifférent à ce qui l'entoure.

 Enfin, il faut noter une diminution très importante de l'activité sexuelle, une grande frilosité et une constipation chronique. Là encore, le traitement par l'extrait thyroïdien permettra de récupérer ce malade et lui évitera de sombrer dans la plus profonde déchéance physique.

Les hyperthyroïdies

 L'hyper fonctionnement de la thyroïde aboutit à la constitution de la maladie de Basedow. Celle-ci se manifeste plus fréquemment chez les femmes, entre vingt et cinquante ans, soit à la suite d'une émotion violente, soit au cours de certains épisodes de la vie génitale, par exemple pendant la puberté, la grossesse ou la ménopause; ou bien encore à la suite d'une infection, ou d'une opération. Il semble que la maladie ne puisse être considérée comme une simple affection limitée à la thyroïde. En effet, dans le plus grand nombre des cas, l'action du système nerveux central et de l'hypophyse paraît évidente. La maladie peut se manifester parfois en quelques heures ; sous l'influence d'un déséquilibre du système nerveux, chose étrange pour une maladie organique.

 Maladie de Basedow : symptômes

 Les principaux symptômes sont :

  •  L'apparition d'un goitre plus ou moins évident (parfois le goitre manque).

  •  L'exophtalmie (yeux exorbités) avec rétraction de la paupière.

  •  Le tremblement généralisé à toutes les régions du corps.

  •  La tachycardie permanente, que l'on peut constater dès le matin, mais d'une façon variable au cours de la journée.

 Avec ces quatre signes le diagnostic est indiscutable, surtout si on note aussi un amaigrissement accentué, d'autant plus évident que souvent il s'accompagne d'une augmentation de l'appétit.

 Un examen est capital pour le diagnostic de la maladie de Basedow. C'est la mesure du métabolisme basal, que le médecin fait exécuter pour apprécier l'intensité du désordre thyroïdien. Le métabolisme basal, dans la maladie de Basedow, est accru de 20 p. 100 et plus. Aujourd'hui, cette épreuve tend à être remplacée par l'investigation par l'iode radioactif. Cette épreuve se fait en injectant dans l'organisme de l'iode radioactif (iode 131) et en mesurant sa présence dans la thyroïde.

 L'iode a des affinités pour la thyroïde, et grâce à la valeur de sa fixation sur la glande, mise en évidence par le compteur Geiger. On en déduit le degré de fonctionnement de la glande.

 Dans la maladie de Basedow, c'est le système cardio-vasculaire qui est le plus menacé ; divers examens, et surtout l'électrocardiogramme, mettent en évidence des lésions caractéristiques (troubles du rythme, insuffisance cardiaque). L'atteinte du système nerveux se traduit par une asthénie très accentuée, par un état d'émotivité et d'irritabilité, par des perturbations vasomotrices intenses.  

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L'évolution de la maladie est caractéristique 

 Il y a des périodes d'aggravation alternées avec des périodes de rémission. Chez l'enfant, les troubles nerveux dominent la symptomatologie ; chez la femme, ce sont souvent les troubles menstruels qui sont au premier plan. Le traitement impose surtout le repos physique et moral, un repos qui doit être le plus complet possible ; les médicaments utilisés sont les vitamines, l'iode et surtout les antithyroïdiens de synthèse, qui seront administrés sous l'étroite surveillance d'un médecin, parce qu'ils peuvent déterminer des phénomènes d'intolérance et avoir des répercussions dangereuses pour le sang. Le traitement est assez long et dure plusieurs mois.

 A côté de cette thérapie traditionnelle, on a tenté avec succès le traitement par l'iode radioactif qui, déjà utilisé comme épreuve de diagnostic, revêt aussi une importance thérapeutique. L'unique objection à ce traitement est la possibilité de dommages imprévisibles faits à la glande par la radioactivité appliquée pendant un certain temps. Dans les formes graves, dans les formes à grand retentissement cardiaque ou avec des risques de compression des voies respiratoires (compression déterminée par le goitre), ou bien dans les cas où le traitement traditionnel échoue, on peut intervenir chirurgicalement, en enlevant une grosse partie de la glande (pas totalement, car l'absence de la thyroïde est incompatible avec la vie). L'opération se nomme thyroïdectomie subtotale.

Les thyroïdite

 Les thyroïdites peuvent être de nature infectieuse ou inflammatoire. La thyroïdite aiguë consiste en une infection de la glande thyroïde, les germes responsables venant généralement du rhino-pharynx ou de la bouche. Elle se manifeste par une fièvre élevée, une tuméfaction de la glande et une vive douleur locale.

 Le traitement par antibiotiques et cortisone permet la plupart du temps d'éviter l'évolution vers la suppuration, laquelle exige le drainage chirurgical Les thyroïdites subaiguës ou chroniques proviennent d'une inflammation de la glande. Celle-ci peut être de nature immunologique (thyroïdite d'Hashimoto) ou de cause inconnue. Elles entraînent une tuméfaction de la glande avec parfois accès fébrile. Selon les cas, on leur oppose les dérivés corticoïdes, ou l'ablation chirurgicale.

Les goitres et la glande thyroïde

 Les goitres sont des hypertrophies de la glande thyroïde qui ne relèvent ni du cancer, ni des thyroïdites et qui ne s'accompagnent pendant longtemps ni d'hyper- ni d'hypothyroïdie. Cette affection est fréquente dans certaines régions, surtout montagneuses comme les Alpes, le Massif Central, la Suisse, la Cordillère des Andes, les Montagnes Rocheuses. A l'origine, on trouve une carence alimentaire en iode, d'où les essais de prophylaxie tentés en Suisse par exemple, par administration de sel iodé.

 En dehors de ces cas, il existe des goitres isolés que l'on observe, par exemple, chez la femme au moment de la puberté, de la grossesse, de la ménopause et qui seraient secondaires à une hyperfolliculinie.

 Finalement, le traitement ne doit pas faire intervenir les antithyroïdiens puisqu'il n'y a pas hyperthyroïdie, mais la thyroxine ou la poudre de corps thyroïde. Dans les cas rebelles et par préoccupation esthétique, on est parfois conduit à enlever chirurgicalement le goitre.

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